Plan de mobilité employeur en Occitanie : mode d'emploi

Plan de mobilité employeur : seuil de 50 salariés, diagnostic, leviers d'action et appuis régionaux en Occitanie. Ce que la loi impose et ce qui fonctionne réellement.

Trajets domicile-travail en Occitanie, illustration des enjeux d'un plan de mobilité employeur en zone d'activité régionale
Trajets domicile-travail en Occitanie, illustration des enjeux d'un plan de mobilité employeur en zone d'activité régionale

Une entreprise toulousaine de cent vingt salariés découvre, en préparant sa négociation annuelle, qu’elle doit traiter le sujet de la mobilité de ses équipes. Une PME gardoise de soixante personnes reçoit un courrier de son intercommunalité lui demandant où en est son plan. Une association montpelliéraine s’aperçoit que son parking sature et que ses salariés arrivent tendus après quarante minutes de bouchons. Trois situations, une même réponse réglementaire et opérationnelle : le plan de mobilité employeur.

Le sujet souffre d’une réputation d’exercice administratif. Cette réputation est en partie méritée, parce que beaucoup de plans déposés se contentent d’un état des lieux et d’une liste d’intentions. Elle passe à côté de l’essentiel : les déplacements domicile-travail représentent, pour une majorité d’entreprises tertiaires, le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre du scope 3, et le principal facteur de tension sur le stationnement, les horaires et parfois le recrutement.

Ce dossier, à jour au août 2026, précise qui est concerné, ce que la loi exige exactement, ce que révèlent les données régionales de mobilité, comment construire un diagnostic exploitable et quels appuis existent en Occitanie. Il s’adresse aux dirigeants, aux responsables des ressources humaines, aux référents environnement et aux représentants du personnel appelés à négocier sur ce thème.

Ce qu’est un plan de mobilité employeur

Un plan de mobilité employeur est un programme d’actions qui vise à réduire l’usage de la voiture individuelle sur l’ensemble des déplacements générés par l’activité d’une organisation. Il ne se limite pas aux trajets domicile-travail : il couvre aussi les déplacements professionnels, la venue des visiteurs et des clients, et les flux de livraison.

L’appellation a changé. Le dispositif s’appelait plan de déplacements entreprise, puis plan de mobilité, avant de devenir plan de mobilité employeur avec la loi d’orientation des mobilités. Ce dernier changement de nom n’est pas cosmétique : il déplace le centre de gravité du document de la contrainte réglementaire vers la responsabilité de l’employeur en tant qu’organisateur de flux.

Trois leviers structurent le contenu d’un plan, selon la méthodologie diffusée par l’ADEME dans son centre de ressources dédié aux employeurs. Le premier consiste à réduire le besoin de déplacement lui-même, par le télétravail, la visioconférence ou la révision des horaires. Le deuxième vise à reporter les trajets restants vers des modes alternatifs à la voiture solo : transports collectifs, covoiturage, vélo, marche. Le troisième porte sur l’optimisation des véhicules encore nécessaires, par le verdissement de la flotte, la mutualisation ou l’écoconduite.

Cet ordre compte. Un déplacement supprimé ne coûte rien et n’émet rien. Un déplacement reporté suppose une alternative crédible, donc une infrastructure et un temps de trajet acceptable. Un déplacement optimisé reste un déplacement en voiture, avec ses coûts de stationnement et de congestion. Beaucoup de plans commencent par le troisième levier parce qu’il est le plus visible, et se privent des gains les plus économiques.

Qui est obligé d’en établir un, et à quelles conditions

L’obligation vise les employeurs regroupant au moins cinquante salariés sur un même site, et elle ne se déclenche qu’en l’absence d’accord issu de la négociation collective. L’article L1214-8-2 du code des transports le formule sans ambiguïté : à défaut d’accord sur les mesures visant à améliorer la mobilité des salariés entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail, les entreprises concernées élaborent un plan de mobilité employeur sur leurs différents sites.

Cette articulation entre négociation et plan mérite d’être comprise, parce qu’elle détermine la charge réelle. Dans une entreprise dotée de sections syndicales représentatives, le thème de la mobilité entre dans la négociation annuelle obligatoire relative à l’égalité professionnelle et à la qualité de vie au travail. Si les parties s’accordent, l’accord tient lieu de réponse. Si la négociation échoue ou n’a pas lieu, l’employeur doit produire le plan. Une entreprise sans représentation syndicale au sens requis se trouve directement dans le second cas.

Le seuil s’apprécie par site, pas au niveau de l’entreprise. Un groupe de quatre cents salariés répartis sur six établissements de moins de cinquante personnes chacun n’est pas visé. Un site unique de cinquante-deux personnes l’est. Cette lecture par site s’explique par la logique du dispositif : ce sont les flux convergeant vers un même point qui posent problème, pas l’effectif consolidé d’une entité juridique.

La transmission constitue la troisième composante de l’obligation. Le plan est transmis à l’autorité organisatrice de la mobilité territorialement compétente. En Occitanie, cette autorité peut être Toulouse Métropole via Tisséo Collectivités, Montpellier Méditerranée Métropole, une communauté d’agglomération comme celle de Nîmes ou de Perpignan, une communauté de communes ayant pris la compétence, ou la Région lorsque l’intercommunalité ne l’a pas exercée. Identifier ce destinataire avant de commencer évite un double travail, car il détient les données de fréquentation, la carte des projets de desserte et, dans plusieurs cas, un dispositif d’accompagnement.

Aucune sanction financière automatique n’est attachée au défaut de plan. Ce point explique une part du faible taux de dépôt observé. Il ne rend pas l’exercice facultatif pour autant : l’absence de plan devient un angle mort dans le bilan carbone d’une PME, un manque dans les réponses aux appels d’offres publics comportant des critères environnementaux, et un handicap dans les relations avec l’autorité organisatrice au moment de demander une amélioration de desserte.

Ce que disent les données de mobilité en Occitanie

La voiture concentre 83,4 % des trajets domicile-travail en Occitanie, contre 6,9 % pour les transports en commun, 6,1 % pour la marche et 3,6 % pour le vélo, d’après l’étude de l’Insee Occitanie consacrée aux émissions des trajets domicile-travail, publiée en septembre 2025 sur des données 2021. Ce niveau de dépendance automobile situe la région au-dessus de la moyenne de la France de province.

Le paradoxe régional apparaît lorsque l’on regarde les émissions. Un navetteur occitan émet en moyenne 0,66 tonne équivalent CO2 par an, contre 0,71 tonne en France de province, ce qui place l’Occitanie au quatrième rang des régions de province les moins émettrices pour ce poste. L’explication tient à la distance : le trajet moyen s’établit à 13,4 kilomètres en Occitanie contre 14,5 kilomètres en province, soit 96 kilomètres parcourus par semaine et par personne au lieu de 103. La région roule plus souvent en voiture, mais sur des distances plus courtes.

Cette structure dessine deux gisements d’action très différents, et un plan de mobilité efficace doit choisir lequel il attaque. D’un côté, 36,1 % des navetteurs parcourent moins de cinq kilomètres : cette population relève du vélo, du vélo à assistance électrique et de la marche, avec des temps de trajet compétitifs en milieu urbain. De l’autre, les 22 % de navetteurs qui parcourent vingt kilomètres ou plus concentrent 55,3 % des émissions totales : pour eux, seuls le covoiturage, le train et le télétravail changent quelque chose, le vélo n’étant pas une réponse.

L’échelle métropolitaine confirme la difficulté. Les quatre principales agglomérations régionales attirent chaque jour environ 267 000 navetteurs venus de l’extérieur, dont 129 000 vers Toulouse, 69 000 vers Montpellier, 37 000 vers Nîmes et 32 000 vers Perpignan, selon l’analyse de l’Insee sur les schémas de déplacements des quatre agglomérations. Ces navetteurs extérieurs occupent 30 % des emplois offerts dans ces agglomérations, et leur part de transports collectifs reste faible, de 9,6 % à Toulouse à 3,1 % à Perpignan.

Pour un employeur, la conséquence pratique est directe : la composition de son plan dépend moins de son secteur d’activité que de la position de son site et de la carte de résidence de ses salariés. Deux entreprises voisines dans la même zone d’activité peuvent avoir des profils de mobilité opposés selon que leurs équipes habitent le coeur d’agglomération ou la seconde couronne.

Le diagnostic, étape qui décide de tout le reste

Le diagnostic sert à répondre à trois questions mesurables avant toute décision : d’où viennent les salariés, comment se déplacent-ils aujourd’hui, et quelles alternatives existent réellement depuis leur domicile. Sans ces trois réponses, le plan d’actions se réduit à un catalogue de bonnes intentions recopiées.

La cartographie des domiciles constitue le premier livrable. Il s’agit de géolocaliser les lieux de résidence des salariés, de manière agrégée et anonymisée, puis de les représenter par cercles de distance autour du site. Cette carte révèle immédiatement les grappes de résidence exploitables en covoiturage, les salariés situés dans un rayon cyclable de cinq à dix kilomètres, et ceux qui dépendent d’un axe routier sans alternative. Elle demande une déclaration au registre des traitements et une information des salariés, la commune de résidence suffisant généralement à l’analyse.

L’enquête auprès des salariés apporte ce que la carte ne dit pas : le mode utilisé, les horaires réels d’arrivée et de départ, les contraintes personnelles comme la dépose des enfants, les freins perçus et les intentions de changement. Le taux de réponse détermine la crédibilité de tout l’exercice. Une enquête à 20 % de participation ne permet pas de justifier un investissement, alors qu’une enquête à 60 %, obtenue par une communication portée par la direction et un temps de réponse laissé sur le temps de travail, devient un argument opposable.

L’analyse de l’offre de transport complète le tableau. Elle recense les lignes de bus, de tramway et de car régional desservant le site, les gares du réseau liO et les dessertes TER exploitables, les aménagements cyclables existants et les discontinuités sur les derniers kilomètres, ainsi que la capacité et le taux d’occupation du stationnement. Ce dernier point est fréquemment sous-estimé : un parking gratuit et surdimensionné annule l’effet de la plupart des mesures incitatives.

L’ADEME met à disposition une boîte à outils plan de mobilité employeur qui contient les trames d’enquête, la méthode de mobilisation des salariés, un schéma d’aide à la décision pour choisir les actions, un modèle de plan d’actions et un tableur de suivi. Utiliser ces documents évite de reconstruire des outils déjà éprouvés et facilite la lecture du plan par l’autorité organisatrice, habituée à ce format.

Les leviers d’action, du moins coûteux au plus lourd

Les mesures se hiérarchisent par rapport coût sur effet, et cet ordre est presque toujours le même quelle que soit l’entreprise. Un plan qui suit cette hiérarchie obtient des résultats visibles dans l’année. Un plan qui commence par l’infrastructure lourde s’épuise avant d’avoir produit un effet.

L’organisation du temps de travail arrive en tête. Le télétravail, même à un ou deux jours par semaine, supprime mécaniquement 20 à 40 % des trajets domicile-travail, sans investissement de mobilité. Le décalage des horaires d’arrivée sur une plage élargie réduit l’exposition aux pointes de congestion et améliore le confort perçu, notamment pour les salariés qui empruntent les axes saturés des agglomérations toulousaine et montpelliéraine. Ces deux mesures relèvent de la négociation sociale, pas du budget d’investissement.

Le forfait mobilités durables vient ensuite. Ce dispositif permet à l’employeur de prendre en charge, dans une limite exonérée de cotisations et d’impôt, les frais de déplacement de ses salariés en vélo, en covoiturage, en transport partagé ou en engin de déplacement personnel. Il présente l’avantage d’être immédiatement opérationnel et de matérialiser un engagement, ce qui joue sur l’adhésion. Il présente aussi une limite connue : versé seul, sans stationnement vélo ni desserte améliorée, il subventionne surtout les salariés qui avaient déjà changé de mode.

Le covoiturage domicile-travail constitue le levier le plus adapté aux longues distances, précisément celles qui concentrent les émissions. Son efficacité repose sur la taille du vivier : en dessous d’une centaine de salariés, la probabilité de trouver deux personnes aux horaires et aux trajets compatibles reste faible. La mutualisation entre entreprises d’une même zone d’activité résout ce problème, et constitue souvent le seul dispositif viable en périphérie.

Les aménagements physiques closent la liste, par ordre de coût croissant. Un abri vélo sécurisé, des douches et des vestiaires, des places de covoiturage réservées à proximité de l’entrée, une signalétique piétonne depuis l’arrêt de bus le plus proche. L’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques relève de la même logique, avec un effet différent : elle ne réduit pas le nombre de voitures mais décarbone celles qui restent, ce qui devient déterminant pour les sites situés dans le périmètre des zones à faibles émissions de Toulouse et de Montpellier.

LevierInvestissementDélai de mise en oeuvrePopulation visée
Télétravail et horaires décalésFaibleUn à trois moisTous les postes compatibles
Forfait mobilités durablesMoyen et récurrentTrois à six moisVélo, covoiturage, transport partagé
Animation covoiturageFaible à moyenSix à douze moisTrajets de plus de vingt kilomètres
Stationnement vélo et vestiairesMoyen à élevéSix à dix-huit moisTrajets de moins de dix kilomètres
Bornes de rechargeÉlevéNeuf à dix-huit moisFlotte et véhicules personnels électriques

Les appuis mobilisables en Occitanie

Plusieurs autorités organisatrices régionales accompagnent gratuitement les employeurs, et c’est la ressource la plus rentable à mobiliser. Montpellier Méditerranée Métropole propose ainsi un accompagnement dédié aux entreprises de plus de cinquante salariés soumises aux obligations de la loi d’orientation des mobilités, d’une durée de trois mois à un an, comme le détaille la fiche de l’accompagnement des employeurs dans leur démarche de plan de mobilité employeur. La convention signée à l’issue du diagnostic ouvre droit à une réduction de 10 % sur l’abonnement annuel de transport pour les collaborateurs, ainsi que sur les cartes professionnelles utilisées pour les déplacements de service.

La Région Occitanie intervient de son côté sur le maillon vélo, en complément de l’employeur. Le bonus régional associé au forfait mobilités durables aide les salariés résidant en Occitanie à acquérir un vélo neuf, classique ou à assistance électrique, chez un professionnel de la région. La condition d’accès est instructive pour un employeur : le bénéficiaire doit avoir perçu le forfait mobilités durables de son employeur pendant au moins six mois dans l’année d’achat, comme le précise la page du dispositif éco-chèque mobilité et bonus forfait mobilité durable. Le montant est soumis à conditions de ressources. Une entreprise qui met en place le forfait ouvre donc à ses salariés un droit régional supplémentaire, argument utile au moment de présenter la mesure.

L’ADEME complète le dispositif par un appui méthodologique et des ressources gratuites, rassemblées sur sa page consacrée à la mobilité durable des salariés. Les délégations régionales orientent également vers les opérateurs et les réseaux d’entreprises actifs sur les zones d’activité, un point d’entrée pertinent lorsque la mutualisation entre employeurs voisins devient la seule voie praticable.

Les chambres consulaires et les clubs d’entreprises de zone jouent enfin un rôle d’intermédiation qui n’apparaît pas dans les textes mais qui pèse sur les résultats. Une navette inter-entreprises, une ligne de covoiturage organisée ou une demande groupée d’amélioration de desserte n’aboutissent presque jamais lorsqu’un employeur seul les porte, et régulièrement lorsqu’un collectif de zone les formule auprès de l’autorité organisatrice, dont les orientations sont présentées dans la rubrique transports et mobilités de la Région.

Ce qui fait échouer un plan de mobilité employeur

La première cause d’échec est un plan construit sans données de terrain. Une liste d’actions rédigée à partir d’un modèle générique, sans cartographie des domiciles ni enquête, produit des mesures inadaptées : un abri vélo sur un site où personne n’habite à moins de quinze kilomètres, une promotion des transports collectifs là où la ligne s’arrête à deux kilomètres sans cheminement piéton sécurisé.

La deuxième cause tient au maintien d’un stationnement automobile gratuit, abondant et sans contrepartie. Tant que la voiture reste le mode le plus commode et le moins coûteux pour le salarié, aucune incitation raisonnable ne renverse l’arbitrage. Les entreprises qui obtiennent des reports significatifs sont presque toujours celles qui ont agi simultanément sur l’offre alternative et sur la gestion du stationnement, par une réservation aux covoitureurs, un rationnement progressif ou une valorisation explicite de la place non utilisée.

La troisième cause est l’absence de pilotage après le dépôt. Un plan sans référent identifié, sans indicateurs suivis et sans point annuel devient un document mort au bout de six mois. L’ADEME recommande une évaluation annuelle ou triennale et un suivi sur cinq ans minimum, durée en deçà de laquelle les variations de part modale se confondent avec les fluctuations conjoncturelles.

La quatrième cause est l’oubli des salariés dans la construction. Un plan élaboré en comité restreint puis annoncé se heurte à une adhésion faible, alors que les mesures dépendent entièrement de choix individuels quotidiens. Associer les représentants du personnel dès le diagnostic, restituer les résultats de l’enquête et expliquer pourquoi telle action a été retenue plutôt qu’une autre change le taux de recours de manière plus déterminante que le montant investi.

Le calendrier d’une démarche complète

Une démarche menée sérieusement s’étale sur douze à dix-huit mois entre le lancement et les premières mesures effectives, un horizon à intégrer dans le calendrier social de l’entreprise. La phase de préparation occupe le premier mois : désignation du référent, cadrage du périmètre, prise de contact avec l’autorité organisatrice et information des instances représentatives.

Le diagnostic s’étend ensuite sur deux à quatre mois, le temps de géolocaliser les domiciles, de conduire l’enquête avec un délai de réponse suffisant, d’analyser l’offre de transport et de restituer les résultats. Cette restitution constitue un moment clé de mobilisation, souvent négligé, alors qu’elle conditionne l’adhésion aux mesures qui suivront.

L’élaboration du plan d’actions demande deux à trois mois de plus, avec l’arbitrage budgétaire, la fixation des indicateurs et l’affectation des responsabilités. La transmission à l’autorité organisatrice intervient à ce stade. Les premières actions à faible investissement, télétravail, horaires, forfait mobilités durables, peuvent démarrer en parallèle sans attendre l’achèvement formel du document.

La mise en oeuvre des mesures d’infrastructure s’étale sur les six à douze mois suivants, selon les procédures d’achat et les éventuelles autorisations d’urbanisme. L’évaluation intervient un an après le lancement effectif, par une seconde enquête reprenant les mêmes questions que la première, seule méthode permettant de mesurer un déplacement réel de part modale.

Cette durée explique pourquoi le sujet gagne à être traité comme une politique interne plutôt que comme une réponse ponctuelle à une obligation. Les entreprises qui en tirent un bénéfice tangible, sur le stationnement, l’absentéisme, l’attractivité des postes ou l’empreinte carbone déclarée, sont celles qui l’ont inscrit dans la durée. Les autres ressources sur le sujet sont rassemblées dans notre rubrique mobilité durable, qui replace le plan de mobilité employeur dans l’ensemble des chantiers de décarbonation des déplacements en Occitanie.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un plan de mobilité employeur ?

Un plan de mobilité employeur est un programme d'actions élaboré par une entreprise ou une administration pour réduire l'usage de la voiture individuelle sur l'ensemble des déplacements liés à son activité : trajets domicile-travail des salariés, déplacements professionnels, venues de visiteurs et livraisons. Il succède au plan de déplacements entreprise et se construit en cinq phases, préparation, diagnostic, plan d'actions, mise en oeuvre et évaluation. Le document n'est pas un rapport théorique : il fixe des mesures datées, chiffrées et affectées à un responsable interne, puis se transmet à l'autorité organisatrice de la mobilité territorialement compétente.

Quelles entreprises sont obligées d'établir un plan de mobilité employeur ?

L'article L1214-8-2 du code des transports vise les employeurs regroupant au moins cinquante salariés sur un même site. L'obligation se déclenche à défaut d'accord conclu lors de la négociation annuelle obligatoire portant sur l'amélioration de la mobilité des salariés entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail. Autrement dit, la négociation prime : une entreprise qui signe un accord de mobilité avec ses organisations syndicales représentatives satisfait à ses obligations sans produire de plan formel. En l'absence d'accord, le plan devient exigible et doit couvrir les différents sites de l'employeur.

À qui faut-il transmettre le plan de mobilité employeur ?

Le plan est transmis à l'autorité organisatrice de la mobilité territorialement compétente. En Occitanie, il s'agit selon les cas d'une métropole, d'une communauté d'agglomération, d'une communauté de communes ayant pris la compétence mobilité, ou de la Région lorsque l'intercommunalité ne l'a pas prise. Identifier la bonne autorité constitue la première démarche à effectuer, avant même le diagnostic, parce que c'est cet interlocuteur qui détient les données de fréquentation, les projets de desserte à venir et, très souvent, un dispositif d'accompagnement gratuit.

Combien coûte un plan de mobilité employeur ?

La phase d'élaboration coûte peu lorsque l'entreprise mobilise un accompagnement public : plusieurs autorités organisatrices d'Occitanie financent le diagnostic et l'animation, et l'ADEME met à disposition une boîte à outils gratuite comprenant les trames d'enquête, le modèle de plan d'actions et le tableur de suivi. Le coût réel se situe dans les mesures retenues : le forfait mobilités durables, les places de stationnement vélo sécurisées, la mise à disposition de vélos de service ou l'aménagement d'un accès piéton représentent des dépenses concrètes. Un plan réaliste hiérarchise ces actions et engage d'abord celles dont l'investissement est faible et l'effet mesurable.

Quels résultats peut-on attendre d'un plan de mobilité employeur ?

Les résultats dépendent presque entièrement de la géographie du site et de la structure des trajets. Un site desservi par une ligne de transport structurante et entouré d'un bassin d'habitat proche peut déplacer plusieurs points de part modale en deux ou trois ans. Un site en zone d'activité périphérique, sans desserte et avec des salariés dispersés sur trente kilomètres, obtiendra surtout des gains par le covoiturage et le télétravail. L'ADEME recommande une évaluation annuelle ou triennale et un suivi sur cinq ans minimum, durée en dessous de laquelle les évolutions de part modale restent difficiles à distinguer du bruit statistique.

Sources citées

  1. https://www.insee.fr/fr/statistiques/8605425
  2. https://www.insee.fr/fr/statistiques/4267462
  3. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039785105
  4. https://librairie.ademe.fr/mobilite-et-transports/231-boite-a-outils-plan-de-mobilite-employeur.html
  5. https://employeursprocovoiturage.ademe.fr/centre-de-ressources-mobilite-durable-employeur/mettre-en-place-un-plan-de-mobilite-employeur/
  6. https://www.laregion.fr/Accompagnement-des-employeurs-dans-leur-demarche-de-Plan-Mobilite-Employeur
  7. https://www.laregion.fr/Eco-cheque-mobilite-Bonus-forfait-mobilite-durable
  8. https://agirpourlatransition.ademe.fr/entreprises/conseils/transverse/mobilite-salaries